L’USINE | Magnus Dahlström


Venue: Le Croiseur

Location: Lyon, France

Date: Jan 11 to Jan 11

Length: 03:00 pm - 05:00 pm


L’USINE de Magnus Dahlström

 THÉÂTRE CONTEMPORAIN

10 janvier 2018 | 19h
11 janvier 2018 | 15h

- Sortie de résidence -

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Un local au sous-sol d’une usine. On y passe, on s’y repose, on y parle (ou pas). C’est là que les ouvriers se retrouvent. C’est là que Sven, le contremaître vient les chercher quand il faut retourner travailler. C’est là que Rolf, étrange infirme à la fonction mal définie, sert des cafés à tout le monde. Avant, il y a eu des licenciements. Et un accident : Hagström, l’homme qui est à l’origine de la restructuration, a été gravement blessé dans une explosion. Cet accident hante tout le monde.

« En lisant le texte du suédois Magnus Dahlström, je retrouve des préoccupations politiques et sociales qui font échos à mon pays et à ma vie, étant moi-même fils d’un ouvrier qui a passé plus de quarante ans dans l’usine d’un grand constructeur de véhicules industriels français. L’Usine est un texte violemment contemporain. Il ébranle nos certitudes, souligne notre impuissance à vivre et à nous battre dans un monde en perdition.

En décrivant le quotidien d’un groupe d’hommes et de femmes, employés dans une usine sidérurgique, Magnus Dahlström fait œuvre d’entomologiste. Dans ce huis clos, il dénonce la violence des rapports humains régis par un ordre social impitoyable. Entre les hommes et les femmes, entre les “forts” et les “faibles”, la guerre est là, sous-jacente, omniprésente. L’humanité est impuissante face à cette énorme machine, cette “usine” qui donne son titre à la pièce et qui absorbe les humains, patrons comme ouvriers, à son profit. L’Usine traduit magnifiquement la fin des utopies, cristallise le doute de nos démocraties capitalistes fragilisées.

La force du texte réside dans son refus de tout angélisme. Les personnages sont gouvernés par des pulsions d’une violence inouïe, proche de l’animalité, nous abandonnant à notre désarroi. La forme est immédiate, brute, démunie de toute fioriture. Pour Magnus Dahlström, il s’agit tout simplement de dire, dire les faits sans masquer la vérité. Mais Magnus Dahlström n’est pas uniquement un désespéré. Son écriture est empreinte d’une magnifique humanité, d’une ironie souvent apaisante, d’un humour salvateur.

Pour moi, ce texte est une chance de dire le monde tel qu’il est aujourd’hui, de tenter de le comprendre.

Enfermés dans l’Usine, les personnages sont comme des jouets abandonnés par leur propriétaire. Ils évolueront dans un espace épuré, clos, rappelant une salle de repos, quelques accessoires… Dans cette pièce inhumaine se débattent, privés de guide, John, Léna, Sven…. Entre eux, il se passe beaucoup de choses, un secret les relie.

Cette force des personnages, il faudra la rendre par le jeu des acteurs. Ils sont au centre de la pièce. Je souhaite créer un espace de liberté, un laboratoire des rapports humains. Il s’agit de rendre avant tout le concret des rapports et des situations, concret qui souligne la tristesse de la condition humaine. »

Mohamed Issolah

 

 

DISTRIBUTION

Metteur en scène : Mohamed Issolah
Avec Laurie Le Noach, Solène le Métayer, François Ract, Pauline Laurendeau, Clara Lespine, Julien Keryhuel, Stéphane Perrichon

 INFORMATIONS PRATIQUES

- TARIFS : 10€ / réduit 6€ –

La représentation du 11 janvier est à destination des professionnels